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Évaluation du travail coopératif

Il ne faut pas perdre de vue que l’apprentissage coopératif est un moyen pour aider l’élève à apprendre. Pour s’assurer d’atteindre ce but, il faut vérifier, tout au long du processus, si le moyen est efficace et si les élèves sont en train de développer les compétences prévues. Par conséquent, l’évaluation doit porter tant sur le déroulement du travail coopératif, le développement des habiletés de coopération que sur la maîtrise des connaissances.

L’évaluation doit permettre à l’enseignant d’adapter ses interventions et ses stratégies durant tout le déroulement du travail coopératif. À cette fin, l’enseignant observera et se questionnera sur

  • la précision des habiletés coopératives;
  • la structure coopérative choisie;
  • la nature du regroupement;
  • la composition des équipes;
  • l’aménagement physique;
  • le choix du matériel;
  • le déroulement du travail des équipes;
  • la participation des élèves;
  • la durée prévue.

On ne peut tout voir ni tout faire en même temps. Il est donc suggéré d’établir des sujets précis d’observation et de se donner des outils simples et efficaces (grille d’observation, liste d’habiletés coopératives, etc.). L’évaluation doit aussi aider les élèves et les équipes à prendre conscience de l’efficacité de leur travail, de la contribution de chacun, des réussites, des progrès réalisés et des progrès à faire. Elle doit inciter à l’ajustement des attitudes, des stratégies de travail ou au choix des nouvelles compétences à développer.

L’évaluation doit rendre les élèves conscients du processus et du pouvoir qu’ils ont sur son déroulement. À cette fin, on utilisera régulièrement des fiches d’auto-évaluation individuelle ou d’équipe portant sur diverses dimensions du déroulement du travail coopératif et l’enseignant donnera régulièrement de la rétroaction aux équipes et aux élèves sur sa perception de ce déroulement.

Il ne faut pas oublier que le temps consacré aux activités d’évaluation est aussi important dans le processus d’apprentissage que dans le travail sur les contenus. L’enseignant doit aussi se donner les moyens de savoir tout au long du processus si les élèves progressent. Et quand ce n’est pas le cas, il faut chercher ce qui est en cause; il faut pouvoir dire si c’est le déroulement du travail coopératif qui ne va pas ou si c’est l’élève lui-même qui rencontre une difficulté et, bien sûr, par la suite apporter l'aide appropriée. Celle-ci ne se trouve pas nécessairement dans le travail coopératif.

Différentes possibilités se présentent à l’enseignant pour évaluer le fonctionnement des groupes de travail:

L’observation

  • Observer un ou deux élèves ou une ou deux équipes seulement, au début, à l’aide d’une grille, et n’observer qu’une habileté à la fois.
  • Faire cocher par un élève-observateur le nombre de fois qu’une habileté a été utilisée.
  • Regrouper les observateurs en groupe d’experts et les aider à répondre aux questions.
  • Inviter un collègue à venir observer les groupes puis comparer les données.

Cliquez ici pour voir une grille d'observation des habiletés sociales.
Cliquez ici pour voir un exemple de fiche d'appréciation des habiletés sociales.

L’auto-évaluation

  • Avec les mains: échelle de un à cinq de peu satisfaisant à très satisfaisant
  • Avec des jetons de couleur: à chaque fois qu’un membre de l’équipe prend la parole , il place un jeton d’une couleur spécifique sur une feuille d'observation assignée à l'équipe. À la fin, on évalue le nombre de contributions verbales de chacun et on fixe un objectif pour la prochaine rencontre.
  • Avec un thermomètre: chaque groupe a un thermomètre gradué de 0° à 100°. Pour chaque activité, l’équipe peut faire monter son thermomètre de 5°; fixer des critères pour chacun. À la fin de l’activité, l’équipe colorie le nombre de degrés gagnés.
  • Auto-évaluation écrite: ces documents permettent à certains enfants de prendre conscience de leurs progrès. Ils sont placés dans le portfolio et peuvent être utilisés lors d’une rencontre avec l’élève ou les parents.
  • Tableau à double entrée: les élèves complètent le tableau individuellement en donnant un exemple d'application concrète. L'équipe compare ensuite ses données.

Cliquez ici pour voir un exemple de tableau à double entrée.

La rétroaction
La rétroaction porte toujours sur des critères annoncés à l'avance. Elle doit être de nature descriptive et communiquée immédiatement après la manifestation ou l’activité.

  • Autocollants: l’enseignant observe un comportement d’un élève, il le note puis lui remet un autocollant.
  • Billets doux: l’enseignant note sur une fiche les comportements appropriés d’un élève. Il met la fiche dans une enveloppe cachetée. Il remet l’enveloppe à l’élève à la fin de l’activité.
  • Le petit bonhomme sourire: l’enseignant établit d’abord avec les élèves les critères se rapportant à chacun: il remarque que tout le monde travaille bien, que certains travaillent, et d’autres non , ou encore que des élèves sont hors tâche. Il remet alors la carte appropriée à l’équipe en la déposant à l’envers sur la table et dit : «Dans deux minutes, vous retournerez la carte et vous déciderez si vous êtes d’accord ou non avec l'évaluation que je vous ai remise».
  • Passeport: chaque élève plie une feuille en quatre. Sur le dessus, il inscrit son nom et l’activité ainsi que la date. À la fin de l’activité, l’élève inscrit un commentaire positif sur sa participation. Il fait circuler son passeport et les autres inscrivent aussi des commentaires positifs puis, lui remettent son passeport.

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